Le Guide Complet de la Division 240

Sécurité en Mer : Le Guide Complet de la Division 240 (Édition 2025-2026)
Naviguer n'est pas seulement une question de plaisir, c'est avant tout une question de responsabilité. En France, la Division 240 est le texte de référence qui définit les règles de sécurité applicables à la navigation de plaisance pour toutes les embarcations de longueur inférieure ou égale à 24 mètres. Que vous soyez adepte du cabotage côtier ou passionné de traversées hauturières, voici tout ce qu'il faut savoir pour être en règle et naviguer sereinement.
1. Comprendre les Zones de Navigation
L'équipement requis à bord dépend de votre éloignement d'un abri, défini comme un lieu où le navire et son équipage peuvent se mettre en sécurité et repartir sans assistance. La réglementation distingue quatre zones :
- Basique : jusqu'à 2 milles d'un abri.
- Côtier : de 2 à 6 milles d'un abri.
- Semi-hauturier : de 6 à 60 milles d'un abri.
- Hauturier : au-delà de 60 milles d'un abri.
2. Les Équipements Individuels : Votre « Seconde Peau »
La sécurité commence par ce que vous portez. L'équipement individuel de flottabilité (EIF) doit être adapté à la morphologie de chacun et à la zone de navigation.
- Niveaux de performance : Il existe trois niveaux principaux : 50 Newtons (basique), 100 Newtons (côtier) et 150 Newtons (semi-hauturier et hauturier).
- Enfants : Tous les enfants de 30 kg maximum doivent porter en permanence un gilet d'au moins 100 Newtons, quelle que soit la distance de l'abri.
- Éclairage individuel : Chaque gilet doit être équipé d'un dispositif lumineux (lampe flash, torche étanche ou cyalume) avec une autonomie minimale de 6 heures.
- Harnais et longe : Obligatoires pour les voiliers dès la zone semi-hauturière, ils sont vivement recommandés dès que les conditions deviennent difficiles.
3. Le Coupe-Circuit : La Règle du « Double »
Pour les navires équipés d'un moteur hors-bord à commande à la barre ou déportée, ainsi que pour les véhicules nautiques à moteur (VNM), le port du coupe-circuit filaire est obligatoire dès que le moteur est allumé.
Une évolution majeure de la réglementation impose désormais la présence d'un second coupe-circuit filaire à bord. Ce « double » doit être facilement accessible et identifié par l'ensemble de l'équipage afin de pouvoir redémarrer le moteur et récupérer le pilote s'il est tombé à l'eau avec le premier cordon.
4. Communication et Repérage : EPIRB vs PLB
En mer, être capable de signaler sa position est vital. La technologie a transformé les balises de détresse en véritables anges gardiens connectés.
- L'EPIRB (Radiobalise de localisation des sinistres) : Liée au navire, elle devient obligatoire pour la navigation hauturière (plus de 60 milles). Elle peut s'activer automatiquement et émet pendant environ 48 heures.
- La PLB (Balise de localisation personnelle) : Plus petite, elle se porte sur le gilet de sauvetage. C'est l'outil idéal pour les scénarios d'homme à la mer (MOB), car elle suit la personne même séparée du bateau.
- VHF et veille : Depuis 2025, tout navire équipé d'une radio VHF (fixe ou portable) doit maintenir une veille permanente sur le canal 16 lorsqu'il est en mer. La VHF fixe avec ASN est obligatoire dès 6 milles.
5. Le Radeau de Survie : Entretien et Vigilance
Le radeau de survie (ou « bib ») est obligatoire pour toute navigation au-delà de 6 milles.
- Révision : La réglementation impose une révision obligatoire tous les 3 ans.
- Bouteille de gaz : La bouteille permettant le gonflement doit être remplacée ou éprouvée tous les 9 ans.
- Conseil : Un radeau même percuté accidentellement peut souvent être reconditionné dans une station agréée.
6. Responsabilités du Chef de Bord
Le chef de bord est le seul juge de l'adéquation entre son navire, son équipage et les conditions météo. Il doit s'assurer de la présence et du bon état de tout le matériel de sécurité avant le départ. Sur un navire de location, une déclaration préalable signée par le loueur et le locataire est désormais requise pour établir un lien direct avec l'utilisateur.
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L'équipement de sécurité est à la navigation ce que l'airbag est à l'automobile : un dispositif que l'on espère ne jamais utiliser, mais dont le bon fonctionnement ne supporte aucune approximation le jour où il devient votre unique rempart contre les éléments.